COVID-19 : LES AGRICULTEURS PEINENT À COMMERCIALISER LES PRODUITS DE LA CONTRE SAISON

Economie

La crise sanitaire continue de dicter sa loi avec son lot de conséquences néfastes sur plusieurs secteurs de l’économie. L’agriculture subit, aussi, ses impacts négatifs. Selon une étude réalisée par 65 organisations de la société civile, présentes au Sénégal, le secteur agricole peine à commercialiser ses productions de la contre-saison froide et chaude. « Les contraintes sur le transport et la commercialisation des produits agricoles ont eu un double impact : la baisse des prix de vente de nombreux produits pour les paysans et la hausse des prix à la consommation, en particulier dans les zones rurales isolées(2). On constate une spéculation par les commerçants et/ou les transporteurs sur les prix des denrées alimentaires dans certains cas, ainsi que l’indisponibilité de produits, notamment importés (farine de blé par exemple). Ce double impact touche les ménages ruraux déjà vulnérables et particulièrement les femmes et familles de pasteurs souvent sans ressources à cette période de l’année », lit-on sur le rapport produit par ces organisations.

Sur le plan financier, la baisse des revenus des ménages ruraux liée aux méventes durant la crise ou à la baisse des transferts d’argent de l’extérieur pourraient également affecter la capacité d’investir dans des intrants et de la main d’œuvre pour la campagne à venir.

Face à ses constats, la société civile prône un changement de paradigme pour favoriser la résilience dans le secteur agricole. Entre autres solutions, les organisations de la société civile proposent le raccourcissement des chaînes d’approvisionnement pour permettre de soutenir certaines filières. C’est le cas, par exemple, de la vente directe ou la prise en charge du transport et de la distribution par les producteurs horticoles. Cela a été une expérience au Sine Saloum où des femmes vendeuses au détail ont su développer des
partenariats commerciaux de vente directe avec des maraîchers de leur localité pour revendre sur des étals devant leur domicile aux consommateurs de leur quartier. Cette initiative a su également profiter au transporteur local pour l’acheminement des légumes des champs au village.