Covid-19 : Une baisse des recettes et une hausse des dépenses à l’origine d’une aggravation du déficit budgétaire (Bceao)

Economie

  L’année 2020 aura marqué d’une pierre blanche son empreinte dans l’histoire. Cette année caractérisée par des crises d’ordre sanitaire, pétrolière, sociale a eu un impact important sur l’économie mondiale. Dans le continent noir, pour l’ensemble de l’année 2020, les prévisions réalisées par la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) tablent sur un taux de croissance économique de l’Union de 2,6% contre une prévision initiale de 6,6%. L’exécution des budgets dans les États membres de l’Uemoa s’est fortement ressentie, au premier trimestre 2020, de la pandémie de la Covid-19. En effet, les Gouvernements ont engagé des plans de riposte qui se sont traduits par une baisse des recettes et une hausse des dépenses entraînant une aggravation du déficit budgétaire. Le déficit budgétaire, base engagements, dons compris ressortirait à 922,1 milliards ou 4,5% du PIB à fin mars 2020 contre 222,5 milliards ou 1,1% du PIB à la même période de l’année précédente’’. 



Ces éléments d’informations ressortent de la réunion du Comité de politique monétaire (Cpm) de la Banque centrale tenue le lundi 22 juin 2020, renseigne un communiqué parcouru par Dakaractu. Dans sa deuxième réunion ordinaire au titre de l’année 2020, par visioconférence à partir des locaux de la Bceao, sous la présidence de Monsieur Tiémoko Meyliet Koné, Gouverneur de ladite Banque Centrale, (son Président statutaire), ledit comité a dressé un tableau de la situation monétaire de l’Union. 

Des prévisions tables sur un taux de croissance économique de l’Union de 2,6% contre 6,6% initialement prévu
Selon le Cpm, elle ‘’a été marquée, au premier trimestre 2020, par une légère accélération du rythme de progression de la masse monétaire, en glissement annuel, en liaison avec le rebond des actifs extérieurs nets ainsi que l’accroissement des créances intérieures. Les réserves de change de l’Union se sont renforcées sur une base annuelle, assurant 6,3 mois d’importations de biens et services à fin mars 2020’’. 

Mais la Banque centrale, dans son compte rendu, a donné une bonne nouvelle aux structures bancaires. ‘’ Notant que les plans de relance mis en place par les États et l’assouplissement progressif des restrictions de déplacement devraient conduire à un redémarrage de l’appareil productif, les membres du Cpm ont décidé d’accompagner cette dynamique, en baissant de 50 points de base les taux directeurs de la Banque Centrale. Le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité passe ainsi de 2,50% à 2,00% et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal, (c’est-à-dire le taux que les banques paient lorsqu’elles empruntent de la liquidité auprès de la Banque centrale pour une durée de vingt-quatre heures) est ramené de 4,50% à 4,00%. Cette décision entre en vigueur à compter du 24 juin 2020’’.
Quant au ‘’taux d’intérêt moyen trimestriel des appels d’offres hebdomadaires d’injection de liquidité, il s’est nettement orienté à la baisse, en ressortant à 2,69% contre 2,98% le trimestre précédent. Depuis le mois d’avril 2020, il se situe à 2,50%, en liaison avec les injections de liquidité au taux fixe de 2,50% lancées par la Banque Centrale pour lutter contre les effets néfastes de la crise sanitaire. Abordant la situation de l’inflation dans l’Union, le Comité a relevé que le niveau général des prix à la consommation a augmenté durant le premier trimestre 2020. Le taux d’inflation est ressorti à 1,2% après -0,6% un trimestre plus tôt. Cette situation est liée au rebond des prix des produits alimentaires. À l’horizon de huit trimestres, le taux d’inflation se situerait à 2,2%, en glissement annuel, en ligne avec l’objectif de stabilité des prix poursuivi par la Banque Centrale’’, indique ledit communiqué.




Par ailleurs, le Comité de politique monétaire dit avoir ‘’relevé que la situation de constitution des réserves obligatoires par les banques reste confortable. Sur cette base, le Comité a décidé de maintenir inchangé le coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union, qui demeure fixé à 3,0%’’